Étude de cas : refonte de la compétitivité du Canada en matière d'IDE — cinq trajectoires d'investissement sectoriel dans l'évolution de la carte mondiale du capital
Résumé exécutif
L'objet de cette étude de cas est la refonte de la compétitivité du Canada en matière d'investissement direct étranger (IDE ; Foreign Direct Investment, FDI) dans l'évolution du paysage mondial du capital. Elle s'appuie principalement sur le rapport de recherche « Canada's New Capital Playbook », publié conjointement en septembre 2026 par l'unité Thought Leadership de la Banque Royale du Canada (RBC) et McKinsey & Company. Ce rapport a été publié avant le Canada Investment Summit qui s'est tenu à Toronto, et sa base méthodologique provient des travaux du McKinsey Global Institute sur le choix des localisations d'investissement.
L'étude montre que près des trois quarts des projets d'IDE greenfield annoncés dans le monde depuis 2022 sont concentrés dans les centres de données, les semi-conducteurs, les véhicules électriques et les batteries, l'industrie pharmaceutique, ainsi que les minéraux critiques et l'énergie, autant de secteurs habilitants. Le groupe de puissances moyennes Capital 10 (C10), composé du Canada, du Japon, de Singapour, de l'Allemagne, de la France, de l'Australie, de l'Espagne, du Brésil, de la Suède et de la Corée du Sud, avec un poids économique d'environ un cinquième du PIB mondial, contrôle 43 % de l'IDE sortant mondial. Le Canada attire à lui seul 3,6 % des entrées mondiales d'IDE, soit plus que sa part de 2,0 % du PIB mondial, mais son stock de capital par habitant, d'environ 125 000 dollars, le classe en bas des économies comparables, et ses dépenses d'investissement intérieures ne représentent que 15 % du PIB.
Le rapport estime, au moyen de scénarios, que si les stratégies d'investissement étaient correctement ajustées, le Canada pourrait libérer en cinq ans environ 1 000 milliards de dollars de dépenses d'investissement supplémentaires, ce qui correspond à environ 950 milliards de dollars de PIB et à jusqu'à 1,4 million d'emplois directs. La valeur de cette étude de cas ne réside pas dans la prévision des résultats, mais dans la démonstration de la manière dont une économie développée de taille moyenne, dotée de ressources naturelles, peut définir sa position de compétitivité en matière d'investissement dans un environnement où le capital est rare et où la concurrence s'intensifie, ainsi que dans la manière dont cette définition peut se traduire en jugements d'investissement sectoriels.
1. Contexte du cas
1.1 Contexte temporel et fenêtre de données
La principale fenêtre de données observée dans cette étude de cas s'étend de 2022 à 2024 et se prolonge jusqu'à la date de publication du rapport en septembre 2026. Cette période correspond à trois changements simultanés : la contraction du volume mondial d'IDE, la forte concentration des flux de capitaux et la montée en puissance des puissances moyennes dans les flux de capitaux transfrontaliers. Le choix de publier le rapport avant le Canada Investment Summit à Toronto illustre en soi la fonction de ce type de recherche : non pas un bilan universitaire, mais un cadre de jugement commun pour les investisseurs et les décideurs politiques.
1.2 Les trois changements de l'environnement mondial d'investissementPremièrement, les IDE deviennent plus rares et se concentrent dans les industries qui façonnent l’avenir. Le rapport indique que, parmi les IDE greenfield annoncés depuis 2022, environ trois quarts se dirigent vers les centres de données, les semi-conducteurs, les véhicules électriques et les batteries, le secteur pharmaceutique, ainsi que des industries habilitantes telles que les minéraux critiques et l’énergie. Cela signifie que les IDE n’ont pas disparu, mais qu’ils ont changé d’orientation et de critères de sélection : les capitaux préfèrent se diriger vers des domaines caractérisés par une demande structurelle de long terme et une visibilité politique plus élevée.
Deuxièmement, le rôle des États-Unis dans le système mondial des capitaux change. Les États-Unis ont longtemps été la première destination des IDE, mais avec le renforcement des dépenses d’investissement intérieures, la part des investissements des entreprises sur le territoire national a augmenté. Un indicateur observable est que la part des États-Unis dans les IDE sortants du Canada est passée à 36 %, alors qu’elle était d’environ 11 % il y a vingt ans. Cela reflète à la fois la profondeur du marché des capitaux américain et l’attrait de ses rendements, ainsi que les nouveaux choix auxquels d’autres économies sont confrontées en matière d’allocation des capitaux.
Troisièmement, le poids capitalistique des puissances moyennes se dissocie de leur poids économique. Les membres du C10 produisent ensemble environ un cinquième du PIB mondial, mais contrôlent 43 % des IDE sortants mondiaux, un volume supérieur à la somme de ceux des États-Unis et de la Chine, alors que leur PIB total ne représente que la moitié de celui de ces deux derniers. Ce décalage structurel constitue un point de départ essentiel pour comprendre les flux transfrontaliers de capitaux contemporains.
1.3 La place du Canada dans le C10
La position du Canada présente une dualité. D’une part, il est un important exportateur de capitaux, ses IDE sortants représentant environ 5,6 % du total mondial, nettement plus que sa part de 2,0 % du PIB mondial ; d’autre part, en tant que destinataire de capitaux, il attire 3,6 % des IDE entrants mondiaux, ce qui est également supérieur à son poids économique, mais, compte tenu de ses ressources naturelles, de sa main-d’œuvre instruite et de son potentiel en électricité propre et peu coûteuse, il reste considéré comme une économie sous-investie.
Cette dualité constitue la tension centrale de ce cas : un pays capable d’exporter des capitaux à grande échelle, tout en étant confronté intérieurement à une accumulation de capital relativement lente.
1.4 Pourquoi ce cas mérite d’être étudié
L’intérêt d’étudier le cas canadien se situe principalement à trois niveaux.
Premièrement, il fournit un exemple de la manière dont une puissance moyenne se positionne dans la concurrence pour les capitaux. Les membres du C10 ne sont ni la seule source ni la seule destination des capitaux mondiaux, et leurs choix stratégiques peuvent servir de référence à la plupart des économies de taille moyenne.
Deuxièmement, il transforme la compétitivité en matière d’investissement d’une question de classement macroéconomique en une question de coûts décomposable par secteur. Le rapport n’utilise pas de score de compétitivité global, mais compare, dans des secteurs précis, les coûts unitaires et les positions vis-à-vis des coûts nivelés, par exemple l’avantage relatif du Canada dans les secteurs dominés par le coût de l’électricité, ainsi que son désavantage relatif en matière de coûts de main-d’œuvre et d’économies d’échelle.
Troisièmement, il illustre un paradigme de recherche typique : délimiter les frontières du possible au moyen d’estimations de scénarios, plutôt que de substituer des prévisions au jugement. Ce point est particulièrement important pour comprendre la nature de la littérature d’analyse des IDE.
2. Aperçu des investissements
2.1 Types d’investissementLes IDE concernés par ce cas prennent principalement la forme d’investissements greenfield (Greenfield Investment), c’est-à-dire la création de nouvelles installations de production, d’installations énergétiques ou d’infrastructures numériques, plutôt que l’acquisition d’actifs existants. La raison en est que les cinq secteurs sur lesquels porte le cas — gaz naturel liquéfié, mines, véhicules électriques, produits pharmaceutiques et centres de données — nécessitent pour la plupart des capacités supplémentaires ou de nouvelles infrastructures, et non une simple restructuration d’actifs.
Sur cette base, le cas comprend également d’autres formes d’investissement :
- Investissements d’expansion (Expansion Investment) : accroître les capacités à partir de mines, d’installations pharmaceutiques ou de bases énergétiques existantes.
- Coentreprise (Joint Venture) : fréquente dans les secteurs de l’énergie et des mines, l’investisseur partage les dépenses en capital et les risques avec une entreprise locale ou un organisme provincial.
- Fusions-acquisitions transfrontalières (Cross-border M&A) : plus typiques dans les secteurs minier et pharmaceutique, elles servent à acquérir des réserves, un pipeline de R&D ou des capacités existantes.
Il convient de noter que le périmètre d’analyse du rapport repose principalement sur les données d’IDE greenfield annoncées, ce qui signifie que les données reflètent des intentions d’investissement et un portefeuille de projets, et non une formation de capital déjà réalisée. Cette distinction doit être conservée lors de la lecture des conclusions de ce cas.
2.2 Acteurs de l’investissement
Les acteurs de l’investissement dans ce cas peuvent être répartis en trois catégories.
La première catégorie est celle des entreprises multinationales et des investisseurs institutionnels. Elle comprend les entreprises énergétiques, les sociétés minières, les constructeurs automobiles et de batteries, les entreprises pharmaceutiques, ainsi que les opérateurs de centres de données et les fonds de pension, fonds souverains et fonds d’infrastructure qui leur fournissent des capitaux à long terme. Le rapport mentionne que le Canada Investment Summit a attiré des investisseurs gérant un total d’actifs de plus de 100 000 milliards de dollars, ce qui montre que l’offre potentielle de capital n’est pas rare ; ce qui est rare, ce sont les projets et les conditions de localisation qui répondent aux critères d’investissement.
La deuxième catégorie est celle des acteurs gouvernementaux. Le gouvernement fédéral canadien et les gouvernements provinciaux sont à la fois des acteurs qui façonnent l’environnement d’investissement et participent, de différentes manières, à certains projets d’infrastructure et d’énergie. Les gouvernements des autres pays du C10 jouent également un rôle dans l’allocation du capital, ce qui fait que la concurrence entre États n’est pas seulement un comportement de marché, mais revêt aussi le caractère d’une concurrence en matière de conception des politiques.
La troisième catégorie est celle des participants à l’écosystème industriel. Elle comprend les réseaux de fournisseurs, les universités et instituts de recherche, le système hospitalier ainsi que la main-d’œuvre d’ingénierie et de construction. Ces acteurs ne fournissent pas directement de capitaux propres, mais déterminent la vitesse de mise en œuvre des investissements et les coûts d’exploitation.
2.3 Échelle des investissements et cadrage du scénario
Le chiffre le plus souvent cité dans le cas concernant l’échelle est l’estimation de scénario proposée par le rapport : environ 1 000 milliards de dollars de dépenses d’investissement supplémentaires mobilisées sur cinq ans. Ce chiffre correspond à environ 950 milliards de dollars de PIB et à jusqu’à 1,4 million d’emplois directs, et implique une hausse du PIB par habitant de 10 % à 15 %.Il faut souligner qu'il s'agit d'un scénario (scenario) et non d'une prévision (forecast). Le rôle d'un scénario est de répondre à une question précise : dans des conditions données, où se situent les limites du possible. Il ne décrit pas le résultat le plus probable et n'intègre pas non plus la probabilité d'un échec de mise en œuvre.
Outre les chiffres agrégés, le cas contient plusieurs indicateurs de coûts comparables, dont le plus concret est le coût de construction des centres de données : le coût de construction nivelé du Canada est d'environ 190 dollars par mégawattheure, contre environ 242 dollars par mégawattheure aux États-Unis. Ce type de données de coûts unitaires par secteur éclaire mieux les fondements réels des décisions d'investissement que les estimations agrégées.
3. Pourquoi l'investissement a lieu
Lorsqu'on analyse les motivations des IDE, se contenter de décrire les stratégies des entreprises est souvent insuffisant. Une approche plus efficace consiste à identifier les variables qui pèsent le plus sur le rendement de l'investissement dans un secteur donné, puis à observer la position relative d'une localisation sur ces variables.
3.1 Structure de coûts : électricité et économies d'échelle
Une observation importante du rapport est que le Canada est le plus performant dans les secteurs où le coût de l'électricité domine la compétitivité, mais doit s'améliorer dans les secteurs où les coûts de main-d'œuvre et les économies d'échelle dominent. Ce jugement décompose en substance la compétitivité au niveau national en fonctions de coûts sectorielles.
Pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et les centres de données, le coût de l'électricité et la disponibilité de l'énergie déterminent directement les coûts d'exploitation à long terme ; le Canada dispose donc d'un avantage structurel. Pour les pièces de véhicules électriques et l'industrie pharmaceutique, le coût unitaire de la main-d'œuvre, la taille des capacités de production et la densité de la chaîne d'approvisionnement sont plus déterminants ; la position relative du Canada doit donc être réévaluée.
3.2 Dotation en ressources et corridors géographiques
La logique géographique des investissements dans les ressources apparaît très clairement dans le cas. Le rapport indique que la côte ouest du Canada se situe parmi les zones à faible coût mondial pour les exportations de GNL vers le marché asiatique, tandis que la côte est revêt une importance stratégique pour les pays européens cherchant à diversifier leur approvisionnement énergétique.
Dans le secteur minier, les avantages du Canada ne se limitent pas aux réserves ; ils comprennent aussi des gisements pouvant être exploités de manière compétitive, une main-d'œuvre qualifiée, une base dense de fournisseurs et des partenariats avec des institutions de recherche. La combinaison de ces éléments lui permet à la fois d'étendre des industries existantes telles que la potasse et l'uranium, et d'être en mesure d'approvisionner des minéraux comme le cuivre, le nickel et le zinc, pour lesquels un déficit de l'offre mondiale est anticipé.
3.3 Demande du marché et géopolitique
Les changements d'orientation des IDE sont souvent déterminés par des ajustements structurels du côté de la demande. La demande européenne de diversification de l'approvisionnement énergétique, la pénurie anticipée de minéraux critiques à l'échelle mondiale et la demande de centres de données portée par l'intelligence artificielle constituent ensemble le socle de la demande d'investissement pour plusieurs secteurs du cas.
Les facteurs géopolitiques ne sont pas ici un bruit de fond, mais une variable directe du choix de localisation. Le rapport mentionne explicitement que de nombreux grands investisseurs institutionnels cherchent à diversifier leurs allocations afin de se protéger contre les risques liés aux perturbations géopolitiques. Cette demande de diversification crée objectivement une fenêtre d'opportunité pour les économies de taille moyenne.
3.4 Reconfiguration des chaînes d'approvisionnementLe secteur des véhicules électriques illustre le mieux la logique des chaînes d'approvisionnement. Le rapport estime que le Canada a l'opportunité de se transformer en pôle technologique en se concentrant sur des composants automobiles à forte valeur ajoutée — groupe motopropulseur, systèmes électroniques, systèmes de batteries et composants à forte intensité logicielle — et d'accroître ainsi la diversification de ses exportations.
L'élément clé de ce jugement est que la cible d'investissement n'est pas l'étape d'assemblage des véhicules complets, mais des maillons à plus forte valeur ajoutée et davantage couplés aux capacités locales de R&D. Il s'agit d'un choix stratégique courant dans la reconfiguration des chaînes d'approvisionnement : ne pas viser une couverture de toute la chaîne, mais cibler l'avantage comparatif de maillons spécifiques.
Le secteur pharmaceutique suit une logique similaire. Le rapport indique que le Canada dispose d'un avantage en matière de coûts de fabrication unitaires par rapport aux États-Unis, à l'Irlande et à l'Allemagne, et qu'il peut s'appuyer sur une main-d'œuvre hautement qualifiée formée par un réseau d'universités et d'hôpitaux de classe mondiale. Ici, le moteur d'investissement n'est pas le coût le plus bas, mais la combinaison du coût et de la disponibilité des talents.
3.5 Environnement politique et concurrence pour les capitaux
Un constat que le rapport souligne à plusieurs reprises est le suivant : la concurrence mondiale pour les capitaux n'a jamais été aussi intense, et les économies qui la remportent doivent offrir à la fois des rendements plus élevés, ainsi que rapidité, certitude et accès aux marchés. Cela déplace en réalité les critères d'évaluation de l'environnement politique, du niveau des incitations à l'efficacité de mise en œuvre.
L'approbation des grands projets énergétiques et de ressources implique généralement de multiples niveaux, fédéral et provinciaux ; les délais et l'incertitude constituent des variables concrètes dans l'évaluation des investisseurs. Ce fait contextuel montre que l'impact de l'environnement politique sur les IDE se manifeste souvent dans le coût temporel et la prévisibilité des résultats, et pas seulement dans les incitations fiscales.
4. Analyse de l'environnement d'investissement
4.1 Conditions de marché
La condition de marché la plus importante de l'environnement d'investissement canadien est sa connexion profonde avec le marché nord-américain. Cette connexion se reflète à la fois dans les arrangements existants en matière de commerce et de chaînes d'approvisionnement, et dans les flux de capitaux. Les entreprises des secteurs des centres de données, des composants pour véhicules électriques et de la pharmacie considèrent généralement le Canada comme une partie d'un marché régional plus vaste, plutôt que comme un marché final autonome.
Mais cet avantage est à double tranchant. Le rapport indique que la part des États-Unis dans les IDE sortants du Canada est passée à 36 %, contre environ 11 % il y a vingt ans, ce qui montre une forte concentration de l'allocation des capitaux au sein d'une même région. Pour les économies qui cherchent à attirer des IDE, la proximité d'un grand marché est à la fois une voie d'accès et une source de pression concurrentielle.
4.2 Infrastructures et énergie
Les conditions énergétiques et de réseau électrique sont l'avantage le plus distinctif du cas canadien. La logique d'implantation des centres de données est particulièrement claire : un climat frais, des terres disponibles, une énergie à coût relativement faible, la stabilité du réseau électrique et une main-d'œuvre qualifiée dans la construction constituent ensemble l'attractivité d'un site.
En matière de gaz naturel liquéfié, le positionnement différent des côtes Est et Ouest montre comment les caractéristiques géographiques des infrastructures déterminent directement l'orientation du marché : la côte Ouest est tournée vers l'Asie, la côte Est vers l'Europe. Au sein d'un même pays, des logiques d'investissement totalement différentes peuvent se former, ce qui est un phénomène de différenciation spatiale courant dans les études sur les IDE.
4.3 Réglementation et institutionsL'évaluation de l'environnement institutionnel doit distinguer deux dimensions. La première est la stabilité des règles ; la deuxième, la vitesse et la certitude de leur application. Le rapport classe la vitesse et la certitude parmi les éléments clés de la concurrence pour le capital, ce qui indique que, dans un environnement où le capital est abondant mais la concurrence intense, le poids de cette dernière dimension augmente.
Pour les projets de ressources et d'énergie concernés par ce cas, les facteurs institutionnels influencent souvent les décisions d'investissement par le cycle des projets plutôt que par les coûts directs. Des cycles de préparation et d'approbation plus longs augmentent le coût d'immobilisation du capital et modifient également les exigences des investisseurs en matière de taux de rentabilité interne des projets.
4.4 Main-d'œuvre
La main-d'œuvre est l'élément de l'environnement d'investissement canadien qui exige le plus d'analyse segmentée. Dans les segments pharmaceutiques et à forte intensité de R&D, l'offre de compétences issue du système universitaire et hospitalier canadien constitue un avantage ; dans les secteurs manufacturier et de la construction, les coûts de main-d'œuvre et les problèmes de disponibilité constituent une contrainte.
Le jugement global du rapport est que le Canada doit améliorer ses performances en matière de coûts de main-d'œuvre et d'économies d'échelle. Cela ne signifie pas que la qualité de la main-d'œuvre est insuffisante, mais que, dans les secteurs sensibles aux coûts, le positionnement du Canada doit davantage reposer sur l'automatisation, les économies d'échelle ou sa position dans la chaîne de valeur pour compenser les écarts de coûts.
4.5 Écosystème industriel
L'intérêt d'un écosystème industriel est de réduire les coûts fixes des nouveaux entrants. Le secteur minier est explicitement mentionné dans le rapport : une base dense de fournisseurs et des relations de collaboration en recherche permettent aux nouveaux projets d'obtenir plus rapidement un soutien de services spécialisés pour leur construction et leur exploitation.
Les secteurs pharmaceutique et des véhicules électriques dépendent davantage de la concentration d'instituts de R&D et de talents en ingénierie. La densité de l'écosystème détermine si un investissement peut passer d'un projet isolé à une grappe industrielle, un point généralement considéré dans la recherche sur l'IDE comme une variable clé de la pérennité à long terme d'un projet.
4.6 Limites et faiblesses
Une analyse objective doit également exposer les limites. Les données clés fournies par le rapport incluent : un stock de capital par habitant au Canada d'environ 125 000 dollars américains, soit le quatrième plus faible parmi les économies comparables, bien inférieur à celui des États-Unis, d'environ 337 000 dollars ; des dépenses d'investissement intérieures représentant 15 % du PIB, à égalité avec le Royaume-Uni, à un niveau bas au sein de ce groupe d'économies ; et un taux d'investissement net après amortissement tombé à environ 1,6 % du PIB, soit le troisième plus faible du groupe.
Ces données décrivent un état structurel : un stock de capital modeste et un rythme d'expansion plutôt lent. Cela signifie que l'attraction d'investissements étrangers n'est pas un substitut à l'investissement intérieur, mais doit s'articuler avec le capital national.
5. Mise en œuvre et processus de développement
Ce cas ne concerne pas un projet unique, mais une logique d'avancement d'une reconfiguration de la compétitivité en matière d'investissement. Pour faciliter l'analyse, on peut la résumer en quatre phases. Il convient de préciser que le découpage en phases ci-dessous est une synthèse de la logique analytique du rapport ; il constitue un cadre d'analyse, et non un calendrier officiel des politiques.
Phase 1 : Identifier les changements dans la configuration mondiale du capital
Le point de départ est une nouvelle description de l'environnement extérieur : contraction du volume total d'IDE, concentration vers les industries d'avenir, réorientation de l'allocation du capital américain, montée du poids des C10. Le principal résultat de cette phase n'est pas une politique, mais un consensus — à savoir la reconnaissance que les conditions de la concurrence pour le capital ont changé et que le récit antérieur ne suffit plus à étayer les décisions d'investissement.### Phase 2 : comparer la compétitivité par secteur
La deuxième phase décompose la question de la compétitivité nationale en une comparaison des coûts par secteur concret. Cinq domaines — le gaz naturel liquéfié, les mines, les véhicules électriques, le secteur pharmaceutique et les centres de données — ont été retenus parce qu’ils sont pertinents pour les industries de l’avenir et que, dans chacun d’eux, le Canada présente un avantage ou un désavantage identifiable en matière de position de coûts.
La portée méthodologique de cette phase dépasse la portée de ses conclusions : elle montre que l’unité de concurrence pour attirer les investissements n’est pas l’image globale du pays, mais la position sur la courbe de coûts du secteur.
Phase 3 : mobilisation des investisseurs et mise en relation des informations
La troisième phase prend la forme d’une communication concentrée vers les fournisseurs de capitaux. Le Canada Investment Summit réunit des investisseurs gérant plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs ; sa fonction est de réduire rapidement l’asymétrie d’information afin que les investisseurs potentiels puissent évaluer les conditions de localisation selon un référentiel commun.
Cet arrangement reflète en lui-même l’évolution des formes du marketing des IDE contemporains : passer d’activités de promotion dispersées à une communication systématique portée par un cadre de recherche.
Phase 4 : des intentions de capitaux à la concrétisation des capacités
La dernière phase est l’exécution des projets. Les variables clés de cette phase comprennent la rapidité des autorisations, la disponibilité des infrastructures, l’offre de main-d’œuvre et l’intégration de la chaîne d’approvisionnement. Le rapport ne décrit pas le rythme de concrétisation des capacités de projets précis ; par conséquent, cette étude de cas s’arrête ici au niveau du cadre, sans formuler de suppositions.
Repères chronologiques clés
- À partir de 2022 : les IDE greenfield mondiaux se concentrent nettement vers les centres de données, les semi-conducteurs, les véhicules électriques et les batteries, le secteur pharmaceutique et les industries habilitantes.
- 2022—2024 : fenêtre d’observation où les IDE sortants des C10 représentent 43 % du total mondial.
- Septembre 2026 : le département Thought Leadership de RBC et McKinsey & Company publient un rapport de recherche connexe et le rendent public avant le Canada Investment Summit à Toronto.
6. Impacts économiques et sectoriels
6.1 Au niveau macroéconomique
L’estimation de scénario du rapport donne trois ordres de grandeur macroéconomiques : environ 1 000 milliards de dollars de dépenses d’investissement supplémentaires, environ 950 milliards de dollars de PIB et une hausse du PIB par habitant de 10 % à 15 %. Ces chiffres visent à illustrer la relation de multiplicateur des dépenses d’investissement — l’investissement n’est pas seulement une dépense de la période, il influence aussi la production à long terme par la formation de capacités.
L’utilisation de ces chiffres appelle deux réserves. Premièrement, ce sont des résultats de scénario, dépendant d’une série de conditions préalables ; deuxièmement, la croissance du PIB est un résultat indirect de l’investissement, passant par des canaux tels que la productivité, l’emploi et les exportations, sans correspondance automatique.
6.2 Impact sur l’emploi
Le scénario estimé par le rapport correspond à au plus 1,4 million d’emplois directs. Au-delà de l’emploi direct, les grands projets énergétiques, miniers et de centres de données s’accompagnent généralement aussi de main-d’œuvre temporaire pendant la construction et d’emplois indirects dans la chaîne d’approvisionnement.La structure de l'emploi mérite également attention. Les projets de centres de données et d'énergie concentrent la demande de compétences en construction et en ingénierie ; les secteurs pharmaceutique et des composants de véhicules électriques concentrent la demande de talents en R&D et en ingénierie technique. Les différences dans les types d'emplois créés par les différents secteurs affectent les systèmes de formation et le degré de préparation des marchés du travail régionaux.
6.3 Impact sur la chaîne d'approvisionnement
Parmi les cinq secteurs, les effets d'entraînement sur la chaîne d'approvisionnement sont les plus clairs pour les mines et les véhicules électriques. Dans le secteur minier, la base de fournisseurs existante au Canada peut être élargie dans le cadre de nouveaux projets ; dans le secteur des véhicules électriques, la stratégie axée sur les composants à haute valeur ajoutée signifie que l'entraînement de la chaîne d'approvisionnement se concentre sur des segments spécifiques, plutôt que sur l'ensemble de la chaîne.
L'impact des centres de données se manifeste davantage dans les domaines de l'énergie et de la construction ; leur effet d'entraînement direct sur l'industrie manufacturière locale est relativement limité, mais leur influence sur la planification à long terme du système électrique est importante.
6.4 Développement technologique
Le rapport souligne le rôle des universités, des hôpitaux et de la coopération en matière de recherche dans les secteurs pharmaceutique et des véhicules électriques. Les effets de retombée de ces investissements se manifestent généralement dans la capacité de R&D et la fidélisation des talents, plutôt que dans une expansion directe de la capacité de production. La mesure des retombées technologiques a longtemps fait l'objet de controverses dans la recherche sur les IDE ; par conséquent, cette étude de cas ne fait que décrire les mécanismes, sans en déduire l'ampleur spécifique.
6.5 Économie régionale
La différenciation régionale au sein d'un même pays est très marquée dans ce cas. Le gaz naturel liquéfié de la côte Ouest est destiné au marché asiatique, celui de la côte Est à l'Europe ; la répartition des centres de données est davantage influencée par les conditions d'électricité et de climat, tandis que les secteurs pharmaceutique et des pièces automobiles sont liés aux agglomérations urbaines et industrielles existantes.
Cela signifie que la stratégie nationale en matière d'IDE doit, lors de sa mise en œuvre, faire face à des problèmes de répartition des ressources entre les régions, un processus généralement déterminé conjointement par les politiques provinciales et les conditions locales.
6.6 Transformation industrielle
Dans le domaine des véhicules électriques, le rapport utilise l'expression « transformation en pôle technologique », ce qui indique un changement de positionnement industriel plutôt qu'une simple croissance de la capacité de production. Les indicateurs clés de la transformation industrielle comprennent la structure des exportations, la position dans la chaîne de valeur et l'intensité de la R&D ; l'évolution de ces variables est généralement plus lente que la concrétisation des investissements.
7. Défis et enseignements
7.1 Défis réglementaires et institutionnels
Les projets de ressources et d'énergie impliquent généralement des approbations à plusieurs niveaux. Les défis institutionnels se manifestent généralement non pas par une absence de règles, mais par la superposition de délais de procédure et d'incertitude quant aux résultats. Pour les projets à long terme sensibles au coût du capital, cette incertitude est intégrée aux exigences de rendement, ce qui influence les décisions d'investissement.
7.2 Différences de marché et concurrence régionale
Les différences de marché auxquelles le Canada est confronté se manifestent principalement par l'effet de concurrence des grands marchés voisins. Les États-Unis sont à la fois une destination importante pour les capitaux canadiens et un concurrent puissant pour attirer les capitaux mondiaux. Les données du rapport montrent que la part des États-Unis dans les IDE sortants du Canada est passée d'environ 11 % à 36 %, ce qui indique une concentration accrue de l'allocation des capitaux dans la région.
7.3 Risques opérationnels et de coûtsLes maillons faibles de la structure de coûts constituent une source de risque évidente. Le Canada dispose d’un avantage dans les secteurs dominés par les coûts d’électricité, mais se trouve dans une position relativement défavorable dans ceux dominés par les coûts de main-d’œuvre et les économies d’échelle. Ces écarts de coûts structurels sont difficiles à modifier par des politiques à court terme ; il faut les atténuer par le positionnement dans la chaîne de valeur, l’automatisation ou le regroupement en grappes.
7.4 Facteurs externes
Les cycles des prix des matières premières, les niveaux des taux d’intérêt mondiaux, les changements géopolitiques et les ajustements des trajectoires technologiques influencent tous le rythme d’investissement dans les cinq domaines du cas. Le gaz naturel liquéfié et les mines sont sensibles aux cycles de prix, les centres de données aux prix de la technologie et de l’énergie, le secteur pharmaceutique à la réglementation et aux cycles de R&D. La manière dont les différents domaines réagissent aux chocs externes n’est pas uniforme, ce qui détermine la valeur de diversification du portefeuille.
7.5 Enseignements transférables
Du point de vue de la recherche sur les IDE, les principaux enseignements de ce cas sont les suivants :
- L’unité d’analyse de l’attractivité des investissements doit être le secteur, et non l’ensemble du pays. La position concurrentielle d’une même économie peut être totalement opposée selon les secteurs.
- Le coût des facteurs échangeables constitue un avantage structurel. Les coûts d’électricité, les conditions foncières et climatiques, entre autres facteurs difficiles à reproduire rapidement par les politiques, déterminent souvent la position d’investissement à long terme.
- La fonction des estimations de scénarios est de délimiter les frontières du possible. Assimiler les résultats de scénarios à des prévisions est l’erreur d’interprétation la plus fréquente dans la recherche sur les IDE.
- La capacité d’exportation de capitaux n’équivaut pas à la capacité d’attraction de capitaux. Un pays peut être à la fois une source importante d’investissements à l’étranger et une économie sous-investie sur le plan intérieur.
- Les critères d’évaluation de la concurrence des politiques évoluent vers la vitesse et la certitude. Dans un environnement où le capital est abondant, l’efficacité d’exécution est plus discriminante que l’ampleur des incitations.
8. Points clés pour comprendre les IDE
Premièrement, les IDE mondiaux s’amincissent et se concentrent. La contraction du volume total et la concentration des directions se produisent simultanément : environ trois quarts des IDE greenfield annoncés se dirigent vers des industries habilitantes telles que les centres de données, les semi-conducteurs, les véhicules électriques et les batteries, le secteur pharmaceutique, ainsi que les minéraux critiques et l’énergie. Pour la plupart des économies, la question n’est pas de savoir comment attirer davantage d’IDE, mais comment entrer dans les industries vers lesquelles le capital afflue.
Deuxièmement, les puissances moyennes sont devenues une force capitalistique structurelle. Le C10, avec environ un cinquième du PIB mondial, contrôle 43 % des IDE sortants mondiaux, un découplage net apparaissant entre poids économique et poids en capital. Le comportement d’investissement de ce groupe modifie la structure des flux mondiaux de capitaux.
Troisièmement, la compétitivité en matière d’investissement peut être décomposée en fonctions de coûts concrètes. Dans ce cas, les avantages du Canada se concentrent dans les secteurs dominés par les coûts d’électricité, tandis que ses désavantages apparaissent dans les secteurs dominés par les coûts de main-d’œuvre et les économies d’échelle. Cette méthode de décomposition est plus proche de la logique réelle des décisions d’investissement qu’un classement global.Quatrièmement, la propriété du capital et son lieu d’utilisation peuvent être dissociés à long terme. Le Canada représente 5,6 % des IDE sortants mondiaux, soit plus que sa part de 2,0 % du PIB mondial ; parallèlement, les dépenses d’investissement intérieures représentent 15 % du PIB et le taux d’investissement net est d’environ 1,6 %. La coexistence de sorties de capitaux et d’une insuffisance d’investissement intérieur est une caractéristique commune à de nombreuses économies matures.
Cinquièmement, la validité des conclusions de l’étude dépend du périmètre retenu. Dans le présent cas, les 1 000 milliards de dollars de dépenses d’investissement, les 950 milliards de dollars de PIB et 1,4 million d’emplois sont tous des estimations de scénario ; leur valeur réside dans l’illustration de la relation entre les conditions et les résultats, et non dans la prédiction de l’avenir.
Annexe : entités clés et relations
| Entité | Type | Rôle dans ce cas |
|---|---|---|
| Canada | Pays | Objet de l’étude de cas, à la fois exportateur et importateur de capitaux |
| Capital 10 (C10) | Groupe de pays | Groupe de puissances moyennes exportatrices de capitaux, représentant 43 % des IDE sortants mondiaux |
| États-Unis | Pays | Principal concurrent et destination de capitaux dans la région |
| Département Thought Leadership de RBC | Institution de recherche | Co-éditeur du rapport |
| McKinsey & Company | Cabinet de conseil et institut de recherche | Co-éditeur du rapport, fournisseur de la méthodologie |
| Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) | Organisation internationale | Source des données sur les IDE et le PIB |
| Gaz naturel liquéfié, mines, véhicules électriques, produits pharmaceutiques, centres de données | Secteurs | Cinq domaines clés de l’analyse de cas |
| Investissement greenfield | Type d’investissement | Principale forme d’IDE dans le cas |
Questions connexes
Pourquoi ce cas d’investissement mérite-t-il d’être étudié ?
Parce qu’il présente la logique complète selon laquelle une économie développée de taille moyenne repositionne sa compétitivité en matière d’investissement dans un environnement de rareté des capitaux et de concurrence accrue, en englobant à la fois l’évolution du paysage macroéconomique des capitaux et les comparaisons de coûts par secteur.
Quels types d’IDE le cas implique-t-il ?
Principalement des investissements greenfield, ainsi que des investissements d’expansion, des coentreprises et des fusions-acquisitions transfrontalières. Le périmètre des données du rapport repose principalement sur les IDE greenfield annoncés, ce qui reflète des intentions d’investissement plutôt que la formation de capital déjà réalisée.
Quels facteurs ont influencé les décisions d’investissement ?
Principalement les coûts de l’électricité et de l’énergie, la dotation en ressources et les corridors géographiques, la demande du marché et les changements géopolitiques, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la stabilité et l’efficacité d’exécution de l’environnement politique.
Qu’est-ce que Capital 10 (C10) ?
Il s’agit des dix plus grands pays sources de capitaux en dehors des États-Unis et de la Chine, à savoir le Canada, le Japon, Singapour, l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Espagne, le Brésil, la Suède et la Corée du Sud. Ensemble, ils produisent environ un cinquième du PIB mondial, mais contrôlent 43 % des IDE sortants mondiaux.
**Quels sont les atouts et les limites du Canada en matière d’environnement d’investissement ?**Les avantages se concentrent sur les coûts de l'énergie et de l'électricité, les dotations en ressources, la main-d'œuvre qualifiée, les institutions de recherche scientifique et les liens avec le marché nord-américain. Les contraintes tiennent principalement aux coûts de la main-d'œuvre, aux économies d'échelle, ainsi qu'à un stock de capital par habitant relativement faible et à un taux d'investissement net domestique peu élevé.
Que révèlent les écarts de coûts des centres de données ?
Les données présentées dans le rapport montrent que le coût de construction nivelé des centres de données canadiens est d'environ 190 dollars par mégawattheure, inférieur à celui des États-Unis, qui s'établit à environ 242 dollars par mégawattheure. Cela montre que, dans un secteur dominé par les coûts de l'électricité, les conditions de localisation peuvent générer un avantage de coût quantifiable.
L'échelle d'investissement de 1 000 milliards de dollars dans ce cas est-elle une prévision ?
Non. Il s'agit d'une estimation de scénario, destinée à illustrer la limite d'échelle qui pourrait être atteinte dans certaines conditions, et non une prévision des investissements réels futurs.
Quelle valeur de référence ce cas présente-t-il pour d'autres pays ?
Sa méthode d'analyse est transposable : comparer les positions de coûts par secteur, identifier des avantages structurels liés à des facteurs difficiles à reproduire, et faire passer l'évaluation du cadre politique de l'intensité des incitations à la vitesse d'exécution et à la certitude des résultats.
Cet article relève de la rubrique d'études de cas de GlobalFDI.org. Il repose sur une analyse indépendante de rapports de recherche publics et ne constitue pas un avis d'évaluation ni un conseil en investissement concernant un pays, une région, une entreprise ou un projet d'investissement. Les estimations de scénarios mentionnées dans cet article sont issues des rapports de recherche publics cités et ne représentent pas les prévisions de cette plateforme.